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01 09 09

Sur la route des festivals : La Route du Rock

Accréditation acceptée, plus rien ne nous retient d’aller nous frotter à l’un des plus emblématiques festivals du grand ouest : La Route du Rock !

C’est une 1ère pour moi et le temps semble à son tour me faire de l’oeil pour motiver mon choix. Il fait en effet très beau, ce qui n’est pas de coutume apparemment à la RdR, qui propose plus volontiers la pluie bretonne comme accueil.
« Une Route du Rock sans la pluie, c’est pas vraiment la Route du Rock » m’entends-je dire par mes acolytes. Soit, on comprendra aisément que ce « coup du sort » m’aille malgré tout grandement.

VENDREDI 14 AOUT

Le temps de rallier le site du festival en navette qui se situe à 10 km de Saint-Malo, nous ratons Deerhunter. Tant pis.
1er constat, il n’y a pas grand monde. Il est pourtant déjà 21h30, les gens préférant sûrement profiter des derniers rayons de soleil sur les plages de la ville fortifiée.

Je me fixe devant Tortoise. Configuration scénique atypique, le batteur, de profil et au 1er plan, a la part belle dans ce line-up, martelant ses fûts comme un beau diable. Les rythmes jazzy côtoient des riffs métalliques succédant aux plans post-rock plus aériens. On a le droit au battle de 2 drummer s’en donnant à cœur joie. C’est pas inintéressant mais le son franchement mauvais me conduit vers l’espace VIP.

crédit photo : leah Pritchard

Tortoise et son indispensable batteur / crédit photo : leah Pritchard

Surprise, un écran géant y est ici intégré. Un détail, qui ne nous le cachons pas, aura son importance durant le week end.
Jack Daniel, mon ami du week end, me paye un autre verre avant de me rendre devant la scène apprécier la performance de My Bloody Valentine.
Apprécier ne sera pas le mot. Ce groupe à qui on peut attribuer la pérennité du mouvement shoegazing (littéralement regarder ses pieds), aurait mieux fait de regarder son public. La plupart de la foule se bouche les oreilles comme il peut. Le son est d’une violence rare. On entend les 1ères complaintes « Payer 37 euros pour voir ça c’est honteux ! ». Mes tympans sont aux bords de l’implosion. Je me réfugie donc une nouvelle fois au bar VIP pour ne plus en ressortir, sans scrupules tellement cette soirée est finalement à oublier très vite.

SAMEDI 15 AOUT

Mes oreilles sifflent encore quand nous partons déambuler dans les rues de Saint-Malo avant d’atterrir sur la plage écouter le 1er concert du week end on da beach !

J’apprécie plus la vue des côtes bretonnes mais il faut bien admettre que le concept est malgré tout agréable.
Fort de l’expérience d’hier, nous ne nous hâtons pas d’aller au Fort St Père. Les navettes contribueront largement à cet état de fait. Plus d’une heure d’attente où se mêlent agacement et bousculade pour parvenir à choper un maudit car. Rageant.
Du coup, on loupe une bonne partie de la prog soit Papercuts et St Vincent. Mais c’est décidé, aujourd’hui on regarde les concerts.

Camera Obscura rentre en scène. Pour ma part je ne connais qu’un titre. Mes camarades m’assurent que je n’aimerais pas. Auront-ils raison ?
Et bien oui ! C’est bien fait, c’est joli mais qu’est-ce qu’on s’ennuie !
On passe de balades en balades. C’est sirupeux, mièvre, on s’attend à un lâcher de colombes qui, dommage pour le coup, n’intervient pas. On aurait au moins eu un peu d’animation.

Jack Daniel me réconforte une nouvelle fois avant d’aller voir The Kills.
Le duo fait le boulot. On commence à voir un public, qui jusqu’à présent était plutôt morne voire anémique, réagir aux contorsions d’Alison Mosshar, chanteuse habitée et captivante. Jamie Hince n’est pas en reste, distillant ses riffs rocks bien lourds à tour de bras. Le duo, à l’écoute l’un de l’autre, sait habilement retranscrire la moiteur de leur corps à corps musical. Un show rodé qui malgré tout souffre de la présence de la boîte à rythme trop peu tonique pour maintenir l’édifice stable. Je suis cependant conquis par ce qui s’avère être le 1er moment du week end où je ne regrette pas d’être venu.

crédit photo : Leah Pritchard

Alison Mosshar de The Kills / crédit photo : Leah Pritchard

Et nous arrivons au moment fort du Fort St Père. Peaches et ses Sweet Machine arrivent pour enflammer et réveiller nos instincts primaires. Croisée plus tôt au bar VIP dans un legging argenté et maquillage clownesque détonnant, on ne peut pas croire que cette vétérante puisse assurer un set. Grave méprise. Un show monstrueux s’offre à nous dorénavant. Les titres s’enchainent. Electro, pop, hip hop, hard rock, tout y passe avec maestria. Peaches joue. Elle slamme, occupant tous les recoins de la scène, arguant la foule du haut des amplis.
D’abord pseudo fraise de mousseline, Peaches s’effeuille au fil du concert. Tout comme ses musiciens dont elle invite à faire de même, aidant même sa sculpturale guitariste à finir en corset et culotte de cuir plus à l’aise pour lancer ses solos endiablés. Peaches finira en body string stroboscopique. C’est dirty, sexy et bitchy à souhait. La vieille hardeuse croisée plus tôt s’est transformée en sex symbol. Exceptionnel.

crédits photos : leah pritchard

Peaches a embrasé le Fort St Père / crédits photos : leah pritchard

Une méchante claque dont Four Tet, qui passe après, fera les frais voulant pour ma part resté là dessus pour la soirée.

DIMANCHE 16 AOUT

On arrive à la bourre pour Gang Gang Dance. Finalement, on aura pas vu un seul des 1ers concerts. La faute une nouvelle fois aux navettes. 3 nous sont passées sous le nez avant de pouvoir rejoindre le Fort St Père. Une redondance sur ce week-end, avouons-le, des plus chiantes.

On se cale donc devant le bien nommé Andrew Bird qui sifflote à tout va comme la plus cantatrice des mésanges. Passé ce constat, le concert est un moment agréable au soleil couchant. Malgré les innombrables pains du batteur, les compositions enjouées du groupe arrivent à me tirer de ma lassitude de 2 jours de festival. Les plans pops cumulés aux boucles plus electro, offrent un résultat riche des plus intéressants. Andrew Bird tire, à mes yeux, son épingle du jeu sur cette prog.

crédit photo : leah pritchard

Andrew Bird / crédit photo : leah pritchard

5 minutes devant Dominique A me ramène au VIP. Les textes d’une naïveté d’un gamin de CM2 ne m’émeuvent absolument pas et ne me font pas admettre qu’il est effectivement dur d’assumer le seul set d’un français dans cette RdR.

Grizzly Bear apparaît maintenant sur scène. Tous alignés, ils font front devant une assistance concentrée. Le groupe enchaîne les compos aériennes dans une grand messe des plus mélodieuses. Tour à tour les voix s’entremêlent telle une chorale pop soutenue par un batteur des plus efficaces et énergiques. C’est beau et ce malgré un grésillement persistant. Belle découverte pour ma part.

crédity photo : leah pritchard

Grizzly Bear / crédity photo : leah pritchard

Alors que la pub d’Arte, présent sur le festival, résonne une énième fois (en fait après chaque concert depuis le début du week end…Horripilant !), changement d’ambiance. La douceur laisse place à la déferlante electro, fin de festival oblige.

Simian Mobile Disco pointe le bout de son nez. Le jeu de scène est travaillé. Les 2 compères tournent autour de leurs machines dans une lutte infernale pour faire jumper le public relayer par un jeu de lights du plus bel effet. Je ne suis néanmoins pas plus conquis que ça. La pissotière m’appelle et j’en profite pour aller glaner des informations auprès du service de sécu du festival. Des données qui s’avéreront, à n’en point douter, utiles dans l’avenir pour le futur d’EMOZIK.

Je reviens alors qu’Autokratz, au physique de commandant Calmèque (le méchant des mystérieuses cités d’or) est déjà aux platines. Je ne reste pas devant. Je vais rejoindre mes acolytes au VIP et suivre une partie du concert sur le fameux écran géant.

Le bar est censé fermer à 7h15. Trente secondes me suffiront pour que la raison me rappelle que mes jambes ne me tiennent plus vraiment. On reprend la navette. Fin de festival.

CONCLUSION

1ère Route du Rock pour moi et un ressenti mitigé. Point d’orgue, Peaches, Grizzly Bear et The Kills auront retenu mon attention. Sur une programmation de 3 jours, je m’attendais à mieux c’est certain, même prévenu que ce n’était pas, de base, nécessairement ma « came ». Venu également glané des infos sur l’état des lieux, je repars aussi douteux sur certains points. Le système de navette est calamiteux, la beauté du site est toute relative, je n’ai pas senti réellement le « mythe » Route du Rock. Mais bon PEACHES, exceptionnelle, atténue le propos !

Peaches sur Myspace Les photos de Leah Pritchard Grizzly Bear sur Myspace

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